Votre photographe et serviteur était une petite fille expatriée en Afrique équatoriale, à Abidjan très exactement, capitale de la Côte d'Ivoire. Que de souvenirs merveilleux de cette époque lointaine...
Mon papa n'était pas photographe mais il aimait la photographie et faisait avec "les moyens du bord" car les appareils photos étaient très rudimentaires à cette époque. Des diapos qui ont mal vieillies pour la plupart mais qui ont valeur de témoignage de cette époque bénie où les Blancs n'étaient pas tous d'affreux colons et avaient le sentiment de vivre la vie intensément, dans le respect et l'harmonie de ceux qui ne leur ressemblaient pas.
Non, ma mémoire ne ma tahit pas : la chaleur suffocante, l'invasion des moustiques dans la maison certains soirs, les araignées géantes, jaunes et velues dans le fond du jardin, les cafards jusque dans mon lit, la "barre" de la mer trop forte qui emporte les hommes, les serpents énormes et venimeux au pied des palmiers, les pluies torrentielles qui détruisent tout, les amibes et microbes qui ne nous permettent pas de boire l'eau même au robinet, la misère de nos frères noirs...
Non, je n'ai rien oublié. Que me reste-t-il aujourd'hui après toutes ces années ? Le sourire, celui des africains, heureux simplement de vivre et de chanter la vie. Les bébés adorables, les mamans courageuses, les hommes qui sont les hommes ma foi et qui font ce qu'ils peuvent ou ce qu'ils veulent... Mais par dessus tout, en dépit de ces conditions si extrêmes, si difficiles pour la gente humaine, c'est d'abord un soleil qui explose, un sourire à la vie, des couleurs, des senteurs, une exhubérance et une intensité de vie que les occidentaux ne peuvent pas connaître malgré la profusion des compagnies de voyages.
A une époque de grand "mal-être" de nos contemporains, il est bon de se souvenir qu'à une époque pas si lointaine, nous étions loin du confort moderne et que nous étions heureux malgré tout. Les Français en France et les expatriés.  |